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14/11/2010

Plan solaire: La BEI mettra 5,5 milliards de DH

Article publié dans "L'économiste", journal marocain


· Ce montant concerne la première tranche de 500 MW

· La BEI mise sur la modernisation des infrastructures

Plan solaire, autoroutes, complexe portuaire… les engagements de la Banque européenne d’investissement (BEI) témoignent de son soutien à la politique de modernisation du Maroc. Philippe de Fontaine Vive, son vice-président, décline les grands axes. Entretien.

- L’Economiste: Quel bilan faites-vous de l’intervention de la BEI au Maroc?

- Philippe de Fontaine Vive: C’est un bilan très riche. Les financements octroyés aujourd’hui en faveur de la zone portuaire de TangerMed et du réseau autoroutier du Maroc témoignent de l’engagement concret de la BEI aux côtés du Royaume dans sa politique de modernisation de ses infrastructures. Ces investissements vont renforcer l’attractivité du Maroc et favoriser son développement économique. Ils témoignent également du niveau et de la qualité des relations de coopération entre le Maroc et la BEI. Je me réjouis également de leur impact direct sur l’amélioration de la vie quotidienne des populations concernées.
Depuis plus de trente ans, la BEI soutient au Maroc des projets qui stimulent le développement économique et social. Je citerai à titre d’exemples le tramway de Rabat, le parc éolien de Tanger que nous avons financé à hauteur de 80 millions d’euros, la ville nouvelle «Tamesna» avec un financement de 71 millions d’euros. Et toujours à titre d’exemple, l’interconnexion électrique Espagne-Maroc dont l’objectif était d’augmenter la capacité de transit des liaisons d’interconnexion électrique entre le Maroc et deux de ses voisins et ainsi renforcer la sécurité et la fiabilité du réseau intérieur existant.

- Quelles sont les perspectives de développement?

- Nous avons de nombreux projets pour 2011. Le Plan solaire marocain sera au cœur de nos préoccupations, d'autant plus qu'en tant que chef de file, nous coordonnons également les interventions des autres bailleurs de fonds européens comme l’AFD et la KfW. D’autres projets sont à l’étude comme l’augmentation de la capacité du réseau ferroviaire sur la liaison Casablanca-Kénitra, en particulier pour répondre à la demande croissante du fret. Je citerai également l’Argan Infrastructure Fund: un fonds d’investissement principalement dédié aux infrastructures au Maroc et au Maghreb, qui a été signé en mai 2010. La banque y a déjà investi 20 millions d’euros pour le développement de projets concrets.

- Le Maroc a lancé un ambitieux programme solaire. Quelle est votre appréciation et dans quelle mesure pourriez-vous l’accompagner?

- Nous avons récemment publié une étude qui évalue le niveau de maturité des projets d’énergies renouvelables existants ou prévus dans les différents pays partenaires méditerranéens. Cette étude montre que si tous les projets identifiés étaient mis en place, les besoins d’investissements dans les neuf pays partenaires s'élèveraient à 21 milliards d’euros d'ici 2020, hors Turquie. La BEI est bien entendu disposée à apporter son soutien aux projets du plan solaire méditerranéen, mais elle devrait évaluer les projets d'investissements au cas par cas, en fonction de ses critères de viabilité économique, financière et technique. Les projets d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique pourront notamment être financés à travers le mécanisme de coopération du PSM mis en place conjointement par la BEI, l'AFD et la KfW et doté d'une enveloppe totale de 5 milliards d'euros d'ici 2015. Dès 2011, nous envisageons de nous engager à hauteur de 500 millions d’euros pour la première tranche de 500 MW, sur les 2.000 MW programmés à l’horizon 2020, dont la mise en service est prévue début 2015.

- Votre visite intervient à la veille du sommet de Barcelone. Comment se porte le projet de l’Union pour la Méditerranée?

- L'élan créé par l'UPM a donné lieu à plusieurs initiatives très concrètes et porteuses pour le développement économique de la Méditerranée, dans lesquelles la BEI est impliquée. L’année dernière, 80% des prêts de la Femip, qui est le bras financier de la BEI en Méditerranée, répondaient aux priorités sectorielles définies par l'UPM .

- Le sommet devra aussi se pencher sur le rapport Milhaud qui prévoit la création d’une banque dédiée au financement du codéveloppement en Méditerranée. Qu’en pensez-vous, surtout que vous êtes membre de la commission à l’origine de ce rapport?

- J’ai été membre à titre personnel de cette commission présidée par Charles Milhaud. Nous étions dix experts, cinq français et cinq autres euro-méditerranéens. C’est donc à titre personnel que je m’exprime à ce sujet. Je suis favorable à la recommandation privilégiée de faire de la Femip une filiale où la BEI détiendrait entre 35 et 50% des actions, mais en ouvrant le reste du capital à l’ensemble des partenaires, européens et méditerranéens notamment, qui viendraient ainsi conforter ce que la Femip fait déjà aujourd’hui, en lui donnant plus de moyens.
Le projet de création d’une banque de développement de la Méditerranée est une question politique, qui est entre les mains des chefs d'Etat et de gouvernement membres de l'UPM. Dans ce contexte et bien naturellement, la Femip reste à disposition, et quoi qu'il arrive, continuera à travailler pour la Méditerranée.

Promouvoir des secteurs clefs

Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, vient de signer deux contrats de prêts en faveur du Maroc. L’un, de 220 millions d’euros, soit près de 2,4 milliards de DH, servira à financer la construction d’un tronçon de l’autoroute Casablanca-Beni Mellal. Pour lui, cette autoroute, très importante, sera un accélérateur de développement pour les régions desservies, notamment la plaine de Tadla, les montagnes du Haut Atlas (Azilal) et, au-delà, le Moyen Atlas (Khénifra).
Ce contrat permettra également de promouvoir des secteurs d’activité clefs tels que l’agriculture, l’agro-industrie et le tourisme. La région desservie jouit en effet d’un réel potentiel de richesses naturelles avec, à Khouribga, le gisement de phosphate le plus important du pays, une zone agricole de premier choix à Béni Mellal, sans oublier les paysages de l’Atlas.
L’autre, de 200 millions d’euros, soit près de 2,2 milliards de DH, servira à la réalisation de TangerMed II. «En réalisant cette zone économique spéciale Tanger Méditerranée, le Royaume du Maroc met à la disposition des futurs investisseurs un outil moderne et performant. Il a d’ores et déjà séduit le constructeur automobile Renault qui installe sur ce site une zone de production, en complément de ses unités de recherche et de production en Europe», a noté le vice-président de la BEI. TangerMed II bénéficiera également de toute l’expertise environnementale de la BEI afin de minimiser au maximum l’impact des nouvelles infrastructures industrielles sur l’environnement.

12:54 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

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