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28/01/2011

Maroc-Allemagne: renforcement de la coopération dans le domaine des énergies renouvelables et de l'environnement

article paru sur AU FAIT MAROC

Le Maroc et l'Allemagne ont signé, jeudi à Berlin, une déclaration commune dans laquelle les deux parties soulignent leur détermination à élargir la coopération bilatérale au domaine des énergies renouvelables et de l'environnement.

Signée par la ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement, Mme Amina Benkhadra, et la secrétaire d'Etat auprès du ministre allemand de l'environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire, Mme Katharina Reiche, la déclaration s'inscrit dans le cadre d'une nouvelle initiative visant la promotion de la coopération entre les deux pays dans le domaine des énergies renouvelables.

Elle préconise que la coopération entre les deux pays dans ce domaine devra se focaliser sur trois piliers, dont le premier porte sur l'élargissement de la coopération et des échanges dans le cadre de la réalisation du projet marocain intégré de l'énergie solaire.

Les deux parties ont souligné leur volonté d'approfondir leur coopération pour englober les échanges d'informations et d'expertises ayant trait aux aspects juridique, financier et technologique.

Conformément à cet accord, les ministères des deux pays examineront la question de l'exportation de l'énergie électrique vers l'UE, en général, et l'Allemagne, en particulier, ainsi que la possibilité d'élargir la coopération pour englober des initiatives régionales visant le développement des énergies renouvelables et l'exportation de l'énergie verte.

Les deux parties ont convenu de s'attacher les services d'un expert allemand auprès du département de l'énergie au ministère de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement pour développer la communication et la coopération entre les deux ministères, en ce qui a trait aux sujets précités, et de mettre en place un réseau d'échange au niveau des intervenants dans le secteur aussi bien au Maroc qu'en Allemagne.

Le deuxième pilier porte sur la volonté des deux ministères d'échanger les expertises en matière de valorisation des énergies renouvelables et de protection de l'environnement, sur la mise en place d'un cadre juridique pour le développement et la gestion des énergies renouvelables, et les mesures d'accompagnement pour l'émergence d'un nouveau secteur industriel, à travers notamment la formation et l'encouragement de la recherche.

En tant que membres de l'Union pour la Méditerranée, les deux ministères se sont engagés, dans le cadre du troisième pilier, à soutenir le plan solaire méditerranéen, qui vise à accroître l'utilisation des énergies renouvelables et à renforcer l'efficacité énergétique dans la région.

La France veut donner un nouvel élan à l'Union pour la Méditerranée


LEMONDE.FR avec AFP | 27.01.11 | 16h36



La France a appelé jeudi 27 janvier "tous les gouvernements et peuples d'Europe et de la Méditerranée à donner un nouvel élan à l'Union pour la Méditerranée" (UPM), après la démission mercredi de son secrétaire général, Ahmad Massa'deh, qui a invoqué la nécessité d'une "orientation claire".

Créée en 2008 sur une initiative du président français, Nicolas Sarkozy, l'UPM regroupe 43 pays : les 27 de l'Union européenne, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée.

"Plus que jamais, la France est convaincue qu'il doit exister une volonté politique de surmonter les différences afin de constituer une maison commune sur les deux rives de la Méditerranée", a déclaré lors d'un point presse le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Bernard Valero.

"Il faut que la Méditerranée cesse d'être un lieu de conflit, de violence, de tragédie, pour devenir un lieu de partage, de coopération, un grand espace de co-développement, de création, de culture, de paix", a-t-il ajouté.

"PARALYSIE" DE L'UPM

Selon un diplomate de l'UPM, la démission d'Ahmad Massa'deh illustre sa lassitude à l'égard de la "paralysie" de l'organisation, impuissante à dépasser les blocages nés notamment du conflit israélo-palestinien et dont un sommet de chefs d'Etat a été repoussé à deux reprises en 2010.

Bernard Valero a assuré qu'un "programme d'activités avait été défini pour l'année en cours" sur différents secteurs de coopération. Il a rappelé qu'un travail avait été engagé notamment pour la dépollution de la Méditerranée, la création de réseaux de transports terrestres, le renforcement de la protection civile ou de l'énergie solaire.

27/01/2011

Assemblée Générale de ".Med"

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« .Med »
Association pour la promotion de l’Union Pour la Méditerranée
« Le Clos Fleuri », rue Antoine Fabre – 34500 BEZIERS  +336 59 03 61 00 -  asso.med@orange.fr
ASSEMBLEE GENERALE
J’ai l’honneur de vous convier à l’Assemblée Générale constitutive de notre association.
Cette assemblée se tiendra le :
Vendredi 11 février 2011 à 19H00
Lieu : Restaurant « La Raffinerie »
Avenue Joseph Lazare à BEZIERS
L’Ordre du jour est le suivant, il sera précédé d’une conférence de presse :
 Présentation des nouveaux membres
 Bilan d’activité depuis le mois de Mai 2010
 Projet de création d’associations nationales « .Med »
 Projet de création de la Fédération « .Med » euro-méditerranéenne
 Présentation des projets en cours
 Questions diverses

Le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée démissionne

Voici un article paru dans ECONOSTRUM. Il est à rappeler que la nomination de M. MASSA'DEH avait pris plusieurs mois, car il demandait un niveau de salaire qui était considéré comme indécent. Il est grand temps que l'Union Pour la Méditerranée soit réellement prise en main par les sociétés civiles et les associations qui souhaitent participer activement et efficacement au rapprochement des deux rives de la Méditerranée!


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MEDITERRANEE. Annonce étonnante en provenance de Barcelone avec la démission mercredi 26 janvier 2011 de Ahmad Massa'deh, de son poste de secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée (UpM)

Nommé voici seulement un an, le diplomate jordanien, ancien ambassadeur auprès de l'Union européenne et de l'OTAN à Bruxelles, indique qu'il quitte son poste car "les conditions dans lesquelles il l'a accepté ont changé."

Début janvier 2011, Ahmad Massa'deh avait signé un mémorandum à Barcelone avec la Banque européenne d'investissement (BEI). Son dernier acte officiel.

Un nouveau coup dur pour l'UpM, projet français, qui a de plus en plus de mal à exister et n'a toujours pas réussi à se réunir en sommet depuis l'installation de son secrétariat général à Barcelone.

L'UpM compte quarante-trois membres.

25/01/2011

Union pour la Méditerranée : comment les inacceptables communs des opinions publiques sont aussi de puissants facteurs de cohésion

Par Emmanuel DUPUY, chercheur Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM), ancien chargé de mission Secrétariat d’Etat à la défense et aux Anciens combattants.

Emmanuel DUPUY est membre du bureau de ".Med", chargé de la prospective

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Chercheur à l’Ecole militaire, Emmanuel Dupuy s’intéresse à l’Union pour la Méditerranée dans son acception la plus large, mais aussi dans son rapport au vecteur sécuritaire qu’elle véhicule. Car au-delà d’une simple logique de coopération Nord/Sud, il ne faut pas oublier de tenir compte des peuples de cet espace - qui, par le jeu des alliances, dépasse largement le bassin méditerranéen. Ces citoyens partagent un certain nombre de facteurs d’incompréhension ou d’insécurité (alimentaire, terrorisme, réchauffement climatique...) qu’il est urgent de battre en brèche. Avec cet enjeu à la clé : l’UPM pourrait représenter un nouveau modèle pour structurer autrement, à l’échelle sub-régionale, des régions comme la Baltique ou la Mer Noire.
Un éclairage apporté dans le cadre des 16èmes controverses de Marciac, organisées par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de Communes Bastides et Vallons du Gers, les 30, 31 juillet et 1er août 2010.


L’UPM : la preuve d’une volonté
Jean-Sylvestre Mongrenier [1] nous a plongés dans le pessimisme . A mon tour, j’aimerais dire que l’Union pour la Méditerranée (UPM) [2] n’a finalement que deux ans, au regard des 50 années de l’Union européenne, à laquelle on a souvent coutume de la comparer. Cependant il n’est nullement question de créer une Union méditerranéenne, qui serait le pendant de l’Union européenne. Il n’y a nul besoin de créer une nouvelle organisation intergouvernementale et de la rajouter à la pile des structures géopolitiques ou géoéconomiques déjà existantes dans l’espace méditerranéen.
En revanche, je tenterai de vous montrer en quoi l’UPM est finalement le révélateur, la preuve d’un volontarisme. Je ne récuse pas en bloc ce que dit Jean-Sylvestre Mongrenier, mais j’aimerais développer un certain nombre de points permettant d’élargir le débat sur l’utilité de cette structuration stratégique de la Méditerranée.

Les inacceptables communs, puissants facteurs de cohésion
Etant chercheur à l’Ecole militaire, je m’intéresse à l’UPM dans son acception la plus large, mais aussi par rapport au vecteur sécuritaire qu’elle véhicule. Appelons cela la sécurité humaine. Même si dans les six projets structurants [3], les six axes d’effort pour la Méditerranée, la dimension sécuritaire n’apparaît pas, il me semble qu’il faut garder à l’esprit un discours en creux, la perception que les opinions publiques se font des insécurités collectives. Ce sont ce que j’appelle les inacceptables communs, qui sont aussi de puissants facteurs de cohésion.
Car on oublie souvent de dire que la Méditerranée, au-delà de sa géologie, est un espace perclus de menaces communes : la sécurité alimentaire est un des éléments qui fédère les citoyens méditerranéens ; la sécurité tout court – sans même entrer dans le mot polémique de terrorisme - est également un vécu. Je vous rappelle que les cinq ou six attentats les plus récents se sont tous passés sur la rive Sud.
Cette réalité stratégique inédite est également corrélé au fait qu’un certain nombre d’acteurs sécuritaires, de part et d’autre du bassin, ont identifié des éléments concrets de « sécurisation » du quotidien qui mériteraient une meilleure coopération (au premier lieu desquels les différences de perception quant à la menace terroriste ou encore les différences d’approches face à l’asymétrie des économies de part et d’autres de Mare Nostrum).
Je ne voudrais pas me focaliser uniquement sur l’UPM, qui a montré en quoi la Méditerranée est redevenue une centralité. Et c’est sur ce point-là que je rentrerai dans le débat ou la contradiction. Jean-Sylvestre Mongrenier semble nous dire que l’UPM ne s’inscrit pas dans une logique géopolitique qui verrait notre politique étrangère s’orientaliser, qui ne tiendrait pas compte des flux géo-économiques certes insuffisamment équilibrés entre les deux rives mais néanmoins réalité, qui nous amènerait à considérer que la politique étrangère française ne comprenne les réels enjeux. C’est une réalité, certes, mais en même temps l’UPM est elle-même vecteur de deux logiques complémentaires.
Une logique de coopération, qui a connu des faiblesses : c’est la coopération euro-méditerranéenne, la coopération institutionnelle, qui implique qu’entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie, doivent s’articuler des logiques de carrefour. Mais il ne faut pas oublier de tenir compte du trans-méditerranéen, donc des peuples, des citoyens, des sociétés civiles qui partagent un certain nombre de vecteurs et de facteurs d’incompréhension ou d’insécurité, qu’il faut battre en brèche. La Méditerranée est aussi un révélateur du besoin de structuration sub-régionale.

D’une logique économique à une intégration politique
Ce qui existe en Méditerranée existe de longue date autour de la Caraïbe, en Asie orientale, où un certain nombre de pays travaillant dans une zone géographique proche – 2 ou 3 fuseaux horaires-, ayant des économies de croissance relativement équivalentes décident qu’il est plus logique de travailler en commun et que, le symbole prévalant sur les réalisations concrètes, il faut essayer de tendre vers une coopération d’abord économique, pour ensuite aller vers une intégration politique. Ce qui est vrai loin de nous l’est dans notre voisinage.
Jean-Sylvestre a parlé de la Mer Noire. On aurait pu parler de l’espace baltique. Et il est particulièrement intéressant de mettre en exergue le fait que, finalement, l’UPM n’est qu’une duplication de structures existant par le passé mais pour laquelle un effort supplémentaire a été nécessaire, pour pouvoir passer de la coopération économique à une meilleure intégration politique.

Un déficit de coopération Sud/Sud...
Et j’en viens à l’un des éléments que je ne peux pas récuser : la faiblesse de la coopération Sud/Sud qui, me semble-t-il, nous laisse dans une logique d’attente inassumée. Cette coopération Sud/Sud est particulièrement importante à partir du moment où elle n’implique pas uniquement les riverains de la Méditerranée. Ce ne sont pas seulement les 23 pays [4] qui sont concernés, auxquels il faut ajouter la Mauritanie et la Jordanie, mais un espace géographique beaucoup plus large. Cet espace n’est pas l’Union européenne en tant que telle, mais je veux parler de l’UPM qui regroupe des pays appartenant, de facto, à d’autres solidarités. Un certain nombre de pays de la rive Sud sont membres de la Ligue arabe [5], de l’Organisation de la conférence islamique [6], de l’Union africaine [En savoir plus sur l’Union africiane]], à part le Maroc).

...Et de ses conséquences
Dès lors, on peut relire avec ce prisme tous les propos évoquant la difficulté de fédérer, d’une part, les peuples méditerranéens entre eux et, d’autre part, d’harmoniser la vision que le Nord a du Sud et vice-versa. Et cela nous amène à la question que Jean-Sylvestre a évoquée en creux : la Méditerranée étant une zone dans laquelle nombre d’acteurs exogènes, extérieurs ont partie liée avec le développement, cela implique de tenir compte que de nombreux facteurs d’insécurité nichent bien au-delà de ses frontières.
Parlons du conflit israélo-palestinien. Il est sans doute l’élément, depuis 50 ans, qui le plus a déstructuré la coopération Sud/Sud et le regard que nous avions, au Nord, des pays du Sud. L’UPM en a été un révélateur. Finalement, grâce cette dimension géopolitique, de nombreuses structures ont retrouvé une nouvelle jeunesse, un intérêt, ne serait-ce qu’académique, pour s’occuper des partenariats ou des sujets qui préoccupent nos deux sociétés.

La Méditerranée a-t-elle besoin d’une institutionnalisation ?
Je voudrais enfin évoquer le dialogue 5 + 5 [7] puisque les organisateurs des Controverses de Marciac ont posé la question de savoir si la Méditerranée a vraiment besoin d’une institutionnalisation. Finalement, la coopération projet par projet a-t-elle vraiment besoin d’une structure qui piloterait l’ensemble des projets ? C’est particulièrement vrai si on prend en compte l’expérience du 5+5, ne serait-ce que pour la défense, mais aussi les migrations, la justice et de la sécurité intérieure.

L’urgence de trouver une sémantique commune
Je crois qu’il est vraiment important de trouver une sémantique commune, des éléments de langage qui permettent de mettre des mots sur des situations vécues : l’insécurité face au changement climatique, l’insécurité face à la crise. Je rappelle que la crise financière balaye totalement tous nos schémas géopolitiques, tels que nous les percevions jusqu’alors. Elle impacte toutes les économies, ce qui aggrave les asymétries pouvant exister entre le Nord et le Sud. Voici un élément qui nous solidarise davantage avec les populations du Sud. Cette crise, ces facteurs de sécurité ou d’insécurité, qui n’étaient pas aussi pertinents en 1995, lors du lancement du processus de Barcelone, légitiment aujourd’hui le besoin de trouver des éléments de langage et de mettre autour de la table les acteurs de cette sécurité, d’une nouvelle façon. C’est un travail que nous avons mené au niveau du 5+5.

Créer de la confiance
Je terminerai en vous listant les éléments sur lesquels un certain nombre d’experts dans le domaine de la sécurité se mettent d’accord. Bien évidemment, ce sont les quatre éléments qui structurent et qui fédèrent l’espace stratégique Méditerranée : 1) la lutte contre les terrorismes, qui sont de plus en plus interconnectés avec la criminalité organisée – c’est particulièrement vrai dans la bande sahélo-sahérienne ; 2) les réponses à apporter aux migrations irrégulières, notamment la criminalisation ; 3) les questions environnementales : là on est vraiment dans les inacceptables communs, car se joue sur le bassin méditerranéen un certain nombre de sujets d’avenir, à savoir une solidarité face aux feux de forêts, le besoin d’avoir une inter-europabilité tant matérielle qu’humaine pour lutter de manière concertée ; et, 4), évidemment, la prolifération des armes stratégiques.
Nous sommes rentrés dans une période à peu près équivalente à celle de 1975, quand l’OSCE [8], l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, s’est créée, dans laquelle la perception du confidence-building, du climat de confiance, était un élément déterminant. Il est fondamental d’en avoir conscience, comme l’a évoqué Jean-Sylvestre, mais d’une manière négative, lorsqu’il dit que le verbe n’était parfois pas si puissant que cela, s’il ne se concrétisait pas par des actions. Or quand nous parlons d’une dénucléarisation et démilitarisation de la zone - c’est le cas au Moyen Orient depuis 2009 -, rappelons que cette avancée a aussi vocation à appuyer des démarches identiques en Méditerranée occidentale.

L’UPM : un modèle pour la Baltique et la Mer Noire
Enfin, l’importance que j’accorde au processus de l’UPM lancé par la France, qui n’est pas un processus soliloquant ou qui n’appartiendrait qu’à la logique nationale - l’Appel de Rome [9] a fédéré au moins deux de nos partenaires, espagnol et italien dans la foulée-, c’est qu’il représente un élément qui pourra faire l’objet de développements ailleurs dans le monde. Il est évidemment question de mieux structurer la Baltique ; il est aussi question de créer une structure à peu près équivalente en Mer Noire. L’UPM est donc une sorte de galop d’essai qui appelle un renouvellement, une façon de concevoir l’échelle sub-régionale d’une manière complémentaire au régional, et intégrée dans la mondialisation.

Portrait
Emmanuel Dupuy compte parmi ses nombreux titres ceux de Vice-président du Groupe de recherche sur la Méditerranée du Centre d’Etudes et de Recherches de l’Ecole militaire (CEREM), de membre du Conseil Supérieur de la Réserve Militaire (CSRM), de Président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), de Chercheur associé au Centre d’analyse des Conflits et de Droit Pénal International de l’Université des Sciences Sociales de Toulouse, de Secrétaire général de l’ONG Terres-Sud 21 et de Président de l’Association d’Études en Relations Internationales et Défense (ERID) qui édite la revue Politique et Sécurité Internationales.
Enseignant associé à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, il est l’un des fondateurs de l’association Jeune Francophonie [10]. Titulaire d’un DEA de Sciences Politiques "Relations et Sécurité Internationales" à l’Université des Sciences Sociales de Toulouse, il est également Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse. Ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale, Emmanuel Dupuy s’est ensuite spécialisé dans les fonctions de conseil politique dans différents exécutifs locaux et régionaux ainsi qu’au Sénat et à l’Assemblée nationale où il a été plusieurs fois assistant parlementaire et conseiller politique.
Il a enseigné les institutions européennes et la géopolitique et est l’auteur de plusieurs articles portant sur les questions stratégiques et géopolitiques. Il collabore également à plusieurs sites, revues et émissions de radio françaises et européennes portant sur l’actualité nationale et internationale.

20/01/2011

L’économie tunisienne face au vide sidéral laissé par le départ du clan Ben Ali-Trabelsi

Voici un article paru dans Econostrum. Je pense que l'Union Pour la Méditerranée peut être l'un des outils qui permettra à la Tunisie de relancer son économie.



Après vingt-trois ans de règne, le président Ben Ali et ses proches avaient réussi à diriger une très large partie de l’économie de la Tunisie. Au-delà des conséquences politiques, son départ fait peser de lourdes incertitudes sur l’avenir de ces entreprises, souvent alliées à des entreprises étrangères.


TUNISIE. Des pans entiers de l’économie tunisienne appartiennent à la famille de l’ancien président Ben Ali et à celle de son épouse Leïla Trabelsi.


Cette main mise s’étend sur des secteurs très variés : les banques (Banque de Tunisie, Banque Zitouna, Attijari Bank, Banque internationale arabe de Tunisie et sans oublier le projet de création d’une nouvelle banque d’affaires par l’un des gendres de Ben Ali avec la banque italienne Mediobanca annoncé fin novembre 2010) ; les concessions automobiles (société Ennaki regroupant Volkswagen, Audi, Porsche, Seat et Kia ; concession de Mercedes) ; le transport aérien (Karthago Airlines) ; la publicité (Havas Tunisie, Bien Vu) ; la promotion immobilière ; le tourisme avec de nombreux hôtels, le contrôle de sociétés de développement touristiques ou encore de loisirs ; l’agro-alimentaire (SOTUBI, Société tunisienne de chocolaterie, Société tunisienne d’emballage de jus) ; les télécommunications (Orange Tunisie, SOTETEL) ; les médias (Radio Mosaïque, Carthage TV, Zitouna FM, les journaux Assabah et Le Temps…) ; la grande distribution (Monoprix, Géant…) et une myriade d’autres entreprises petites et grandes, dans tous le pays.

La moitié du monde des affaires alliée à Ben Ali

La liste semble sans fin si l’on en croit le travail très complet réalisé par les diplomates américains et révélé par WikiLeaks à l’automne 2006 sur le sujet (lire le rapport de WikiLeaks)

Au total, les Américains estimaient que « la moitié du monde des affaires en Tunisie peut se targuer d’être lié à Ben Ali » d’une façon ou d’une autre et notamment « par le mariage ».


Cette domination s’est accentuée avec le programme de privatisation engagé par la Tunisie au début des années 2000, sous la pression du Fond monétaire international (FMI), les proches de l’ex président usant de tous les moyens (pression, corruption, délits d’initiés) pour prendre le contrôle d’un nombre croissant d’entreprises en profitant notamment des crédits qui leur étaient largement accordés.


Dans ce contexte, une grande incertitude pèse désormais sur l’avenir de toutes ces entreprises et plus largement sur l’économie tunisienne. Parant au plus pressé, la Banque centrale de Tunisie (BCT) vient d’annoncer la nomination d’un nouvel administrateur provisoire pour diriger la Banque Zitouna, créé en janvier 2009 par Sakhr El Materi, l’un des gendres de Ben Ali, qui a quitté le pays.


Les rapports de France Telecom avec Orange Tunisie sur la sellette

On a aussi vu ces derniers jours des salariés bloquer l’accès de leur entreprise à leurs pdg connus pour être alliés du clan Ben Ali. Ce fut le cas le 17 janvier 2011 à la Banque de Tunisie ou encore le lendemain à la société d’assurances STAR.


Le 18 janvier 2011, deux cent chefs d'entreprises ont investi le siège de l’UTICA, la centrale patronale tunisienne. Ils exigeaient la démission de Hédi Djilani, proche de l’ancien pouvoir et apparenté aux familles Ben Ali et Trabelsi par le mariage d'une de ses filles. Inamovible patron des patrons tunisiens depuis 1988, Hédi Djilani n'avait pas hésité au plus fort des manifestations à déclarer que le patronat pouvait créer plusieurs dizaine de milliers d'emplois en un temps record pour les diplômés (lire : le patronat tunisien veut créer 50 000 emplois en un mois et demi).

Beaucoup d’entreprises étrangères, notamment françaises, se sont implantées en Tunisie en partenariat avec des proches de la famille régnante et là encore les incertitudes sont grandes.


Le syndicat CFE-CGC/Unsa de France Télécom a mis les pieds dans le plat en s’interrogeant sur l’avenir d’Orange Tunisie, créé en mai 2010 et détenu à 49% par l’opérateur français et à 51% par Investec, société de Marouane Mabrouk, gendre de Ben Ali.


Le dossier tunisien a été évoqué lors du comité central d’entreprise qui s’est tenu à Paris le 18 janvier 2011.

Selon un porte parole du groupe français interrogé par econostrum.info, « Marouane Mabrouk n’a jamais fui. Il est à Tunis et assure avec nous la continuité d’Orange Tunisie ». Indiquant que le réseau a fonctionné normalement pendant les évènements, il précise que « la famille Mabrouk était déjà dans les télécoms et c’est pour cela que nous l’avons choisi comme partenaire ».

Le MEDEF soutient la démocratie tunisienne

Selon certains spécialistes, les partenariats que les entreprises étrangères ont dû conclure avec des proches de l’ancien président ou de son épouse pour s’implanter en Tunisie devront être dénoncés. Les parts pourraient être vendues aux enchères via un processus ouvert. Des demandes d’indemnisation d’entrepreneurs floués par la famille régnantes et ses affiliés pourraient également affluer.

Alors que 1 250 filiales d’entreprises françaises sont présentes en Tunisie, avec 110 000 salariés, Laurence Parisot, la présidente du MEDEF (le patronat français) a salué le « peuple tunisien » et sa « sagesse ». Elle a aussi promis une initiative de son mouvement pour renforcer les liens économiques si une «vraie démocratie s'installe vite».

18/01/2011

Le Secrétariat de l’UpM et la BEI unissent leurs forces pour une coopération concrète en Méditerranée



Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la Banque européenne d’investissement (BEI), responsable du FEMIP et Ahmad Masa’deh, Secrétaire Général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), ont signé, ce lundi 17 janvier 2011, un Mémorandum d’accord (MoU) afin d’établir une étroite collaboration dans la région Méditerranée dans les domaines économique, social et du développement durable, en étroite relation avec les priorités de l’UpM.

Le MoU doit permettre de mettre en place une stratégie globale et régionale pour le développement, afin de renforcer les politiques et les réseaux économiques en Méditerranée et de créer une région Euro-Méditerranéenne prospère par le développement socio-économique et des investissements accrus du secteur privé.

Le MoU est basé sur six axes concrets d’actions conjointes :

* Echanger l’information afin de promouvoir la mise en oeuvre des projets prioritaires de l’ UpM.
* Les deux parties s’engagent à collaborer étroitement pour l’échange d’information sur les projets, les évènements et les études analytiques, afin de compléter l’opinion de l’autre partie et d’éviter des doublons.
* Promouvoir les projets UpM afin de faciliter les financements et la mise en oeuvre des projets prioritaires de l’UpM.
Les parties s’engagent à collaborer afin de faciliter le financement et la mise en oeuvre de projets UpM, identifiés et choisis par le Secrétariat de l’UpM, en accord avec ses priorités. Plus spécifiquement, et sur demande du Secrétariat de l’UpM, la BEI pourra apporter son soutien à l’élaboration des projets sous forme d’analyse de projets au regard de leur possible financement par des institutions financières.
* Promouvoir une meilleur compréhension de la région : Le Secrétariat de l’UpM et la BEI s’engagent à collaborer dans le domaine de l’analyse et de la recherche ; les deux parties reconnaissent qu’une meilleure connaissance des caractéristiques économiques et financières de la région les aidera à harmoniser leur politique avec les besoins des pays de l’UpM et les projets prioritaires.
* Améliorer la visibilité et sensibiliser les parties prenantes sur les projets prioritaires de l’UpM, y compris les médias, à travers des évènements, des conférences et des séminaires.
* Développer des réseaux afin de mettre en oeuvre leur stratégie globale. Plus particulièrement, la BEI facilitera les relations entre le Secrétariat de l’UpM et le secteur privé, notamment les chambres de commerce, les associations professionnelles, les organisations bancaires, les think-tanks correspondants et les ONG. Réciproquement, la BEI pourra être associée à des plateformes spécialisées et des réseaux structurés.
* Détachement de personnel : la relation privilégiée entre la BEI et le secrétariat de l’UpM se traduira également par le détachement d’experts de la BEI au sein du Secrétariat.

L’accord signé est une avancée importante pour les activités opérationnelles de l’Union pour la Méditerranée, comme le souligne M. Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la BEI : « Je suis convaincu que la collaboration étroite et fructueuse entre la BEI et le Secrétariat de l’UpM es la réponse la plus efficace aux défis actuels auxquels doit faire face la région méditerranéenne, notamment l’économie, le développement durable, la cohésion sociale et l’emploi. Cet accord permettra de soutenir et d’accélérer la mise en oeuvre des priorités de l’Union pour la Méditerranée, comme le Plan Solaire Méditerranéen, la Dépollution de la Méditerranée, Les Autoroutes de la Mer ainsi que l’appui aux micros, petites et moyennes entreprises à travers l’Initiative en faveur du développement des entreprises. »

Le Secrétaire Général Ahmad Masa’deh a déclaré: « l’investissement et la facilitation des investissements sont d’une importance cruciale pour la création d’emplois et le financement d’infrastructures essentielles régionales et transnationales dans la région Méditerranéenne. Le MoU conclu aujourd’hui entre la BEI et le Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée constitue un pas important vers la collaboration effective entre les deux acteurs de premier plan dans la région: la BEI, en tant que prêteur essentiel aux pays méditerranéens, et le Secrétariat de l’UpM en tant qu’institution chargée de promouvoir et faciliter la mise en oeuvre de projets par les Chefs d’Etat et de gouvernement Euro-Méditerranéens. Deux institutions régionales joignent ainsi leurs efforts au profit d’une région qui a besoin de nouvelles sources d’emplois, de capital et d’investissement à forte intensité de main d’oeuvre ainsi que de projets tangibles et concrets qui permettent d’influer durablement sur la vie de ses citoyens ».

Note pour les éditeurs :

La Banque européenne d’investissement

La Banque européenne d’investissement (BEI) est le principal partenaire financier de la région méditerranéenne, avec plus de 10 milliards d’EUR investis depuis 2002. Lancée en 2002, la Facilité euro- méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) est le bras financier de la BEI dans le bassin méditerranéen. Dans le cadre de la politique européenne de voisinage et de l’Union pour la Méditerranée, elle a pour mission de promouvoir le développement économique et financier des pays partenaires méditerranéens.

En octobre 2008, la Banque a été chargée par les ministres euro-méditerranéens des finances réunis à Luxembourg de soutenir trois initiatives prioritaires de l’Union pour la Méditerranée (UpM).

La Banque européenne d’investissement (BEI) est la banque de l’Union européenne (UE). Ses actionnaires sont les 27 États membres de l’UE. Son capital souscrit s’élève à 232,4 milliards d’EUR et elle bénéficie d’une note AAA.

La BEI est active à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union européenne. La majorité des prêts de la BEI sont accordés dans les États membres, à l’appui de politiques de développement et d’intégration. À l’extérieur de l’UE, la Banque appuie des projets qui contribuent au développement économique des pays partenaires de l’UE.

Dès 2009 80% des financements concernaient les priorités de l’UpM.

Le Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée

Le Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée a été créé par 43 chefs d’Etat et de gouvernement à Paris le 13 juillet 2008. Les Ministres des Affaires Etrangères lors de leur rencontre à Marseille le 4 novembre 2008 ont décidé que le siège du secrétariat serait basé à Barcelone. L’Union pour la Méditerranée est un partenariat multilatéral qui a pour but de renforcer l’intégration régionale et la cohésion entre les partenaires Euro-Méditerranéens. L’Union pour la Méditerranée est portée par la volonté politique commune de revitaliser les efforts pour transformer la Méditerranée en région de paix, de démocratie de coopération et de prospérité. La Création du Secrétariat contribuera à renforcer le partage des responsabilités dans les relations Méditerranéennes à travers des projets économiques. Le mandat et la mission du Secrétariat ont été définis dans les Déclaration de Paris et de Marseille, ainsi que dans ses statuts adoptés le 3 Mars 2010. Le Secrétariat a un mandat technique. Le Secrétariat doit promouvoir des projets régionaux et transnationaux dans six domaines prioritaires :

* La dépollution de la Méditerranée
* Les Autoroutes de la mer
* La protection civile
* Les énergies renouvelables : Plan Solaire Méditerranéen
* L’éducation supérieure et la recherche, Université Euro-Méditerranéenne
* L’initiative pour le développement des petites et moyennes entreprises

09/01/2011

Aux Rencontres de Cybèle d’EuroMed-IHEDN (Paris) : Henry Marty-Gauquié : « Les pays MED ont bien résisté à la crise, avec un courage qu’il faut saluer »



Les Rencontres de Cybèle, organisées par l’association Euromed-IHEDN, ont tenu leurs premières tables rondes à l’École militaire (Paris), vendredi 17 décembre 2010, avec la participation de nombreuses personnalités (1). Au programme : les conséquences de la crise économique et financière sur les pays méditerranéens, et sur la relation euroméditerranéenne.

Photo ci-dessus : Henry Marty-Gauquié, Directeur représentant la BEI à Paris. © LeJMED.fr - décembre 2010


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Principal orateur, Henry Marty-Gauquié, Directeur représentant la BEI à Paris, dressa un tableau exhaustif des conséquences de la crise sur les pays méditerranées. Et, tout d’abord, le constat qui a pu surprendre nombre d’observateurs et de gouvernants : « les pays MED ont bien résisté à la crise, et avec un courage qu’il faut saluer », déclara Henry Marty-Gauquié.

« Bien résisté », expliqua-t-il, car ils ont tout de même gardé une croissance positive, en moyenne de 3,7 % en 2009, alors qu’ils ont subi fortement le contrecoup de la crise financière : « Ce n’est pas la crise financière qui les a impactés, mais la récession des pays développés, notamment l’Europe, qui a entraîné une baisse brutale de la demande externe – commerce extérieur -30 %, tourisme -5% – et des flux financiers : IDE en chute de 31 %, transferts des migrants en recul de 21 %… ».

Cette capacité de résistance, note encore HMG, s’explique par plusieurs facteurs : tous, à l’exception du Liban, ont été très attentifs à ne pas trop s’ouvrir à la circulation des capitaux et, de ce fait, leur système bancaire n’a pas été pollué ; depuis quinze ans, et c’est un acquis du Processus de Barcelone qu’il faut relever, la plupart des pays MED ont modernisé leur économie, et cela les a renforcés ; leur modèle de croissance, fondé sur le dynamisme démographique et l’accumulation de capital, s’avère encore pertinent, même si l’on sait déjà qu’il ne pourra perdurer au-delà de 2020 ou 2030, avec l’inversion de la cloche démographique, et le ralentissement, déjà à l’œuvre, de la productivité par tête de l’accumulation de capital ; leur attractivité s’est maintenue, aucun d’eux n’ayant vu sa « note » rabaissée, le Maroc ayant même réussi à… améliorer sa notation !

Cela dit, le contrecoup de la crise financière est bien réel : la réduction des flux financiers (IDE, transferts des migrants) et commerciaux internationaux a tout de même provoqué une contraction de la croissance et des équilibres budgétaires, d’environ 2 %.

Et si HMG tient à saluer « le courage » dont plusieurs pays MED ont fait montre, c’est qu’ils ont osé prendre très vite des mesures anti-cycliques, en soutenant par exemple consommation et exportation, en indemnisant les chômeurs, en sélectionnant de préférence, comme au Maroc, les IDE susceptibles de générer un véritable effet de levier.
Quelles conditions pour une sortie de crise optimale ?

Ce constat établi, quelles pourraient être les conditions d’une sortie de crise optimale pour les pays du sud, et quelles conséquences de la crise peut-on observer sur les relations euro-méditerranéennes ?

Sur le premier point, il apparaît que « les atouts qui ont protégé les pays MED face à la crise deviennent des handicaps dans la sortie de crise ». Et il est communément admis par les économistes que pour les surmonter, ces pays auraient intérêt à : progresser sur la voie de l’intégration sud-sud, afin d’offrir aux investisseurs un marché qui, potentiellement, représente plus de 200 millions de consommateurs ; poursuivre l’amélioration du climat des affaires, et créer un environnement favorable à l’investissement privé, ainsi qu’au partenariat public-privé (PPP) ; cibler systématiquement les IDE qui conduisent à des transferts de technologie et qui induisent des spécialisations à haute valeur ajoute pour les PME locales.

Sur le second point, il convient de relever qu’avant la crise, l’Europe était une zone à croissance faible mais homogène. La crise a fait exploser cette homogénéité, avec un flanc Sud (-7 % pour le PIB de la Grèce) et Est (-15% pour le PIB de l’Ukraine) très fragilisés. « C’est au Sud de la Méditerranée que la croissance est désormais la plus forte et la plus homogène, observe HMG. De ce fait, l’Europe a encore plus besoin qu’avant des pays MED. Nous devons donc créer une relation plus forte dans l’EuroMéditerranée, car la crise accélère la redistribution mondiale. Ce basculement fait ressortir la fragilité de l’EuroMéditerranée : elle présente un fort potentiel, mas c’est aujourd’hui la seule grande région du monde sans gouvernance partagée (…) Il faut que tous nous acceptions de penser l’avenir différemment, en définissant nos objectifs ensemble au niveau régional méditerranéen, trouver de nouvelles formes de partenariats, accepter aussi l’idée de la réciprocité de l’accès aux marchés – des biens, mais aussi des services – et, bien sûr, de la mobilité : des capitaux, des entreprises, des personnes ».
« La fatigue institutionnelle »

Intervenant à son tour, l’économiste Jean-Yves Moisseron laisse apparaître un réel désenchantement.

Selon lui, le projet euroméditerranéen serait désormais handicapé par « la fatigue institutionnelle des pays du Sud », qui, après l’échec relatif du Processus de Barcelone, voient maintenant l’UPM aller à son tour « vers un échec quasi total ». « On risque fort d’avoir érodé notre [des pays UE] crédibilité », souligne-t-il, pessimiste. « L’enjeu, conclut-il néanmoins, c’est d’être très ambitieux, car ce qui se profile au-delà [de l’UPM], c’est la sphère d’influence avec laquelle se développera l’Afrique ».

Gonzalo Escribano, professeur universitaire espagnol, intervient dans le même sens : avec l’éviction de Miguel-Angel Moratinos du ministère des Affaires étrangères espagnoles, l’UPM a perdu l’un de ses plus ardents défenseurs. Sa remplaçante, Madame Trinidad Jimenez, affiche un tropisme bien plus attiré par le grand large latino-américain. Et, puis, relève encore Gonzalo Escribano, le « modèle européen », tel qu’il a pu réussir en Espagne – mise à niveau économique rapide, démocratie – et-il encore attractif ? Crédible ?

En tout cas, estime l’universitaire espagnol, si les incitations financières vont s’avérer de plus en plus difficile à déployer – L’Europe n’a plus les moyens dont elle disposait lors de l’intégration de l’Espagne –, il faudrait en changer les conditionnalités : « jusqu’ici, au Sud, les bénéfices de la croissance ont été capturés par les nantis (…) Le modèle d’incitation devrait [donc] changer », afin de favoriser une croissance « plus inclusive », conclut, en substance, Gonzalo Escribano, reprenant cette expression de « croissance inclusive » qu’Henry Marty-Gauquié avait lui-même utilisée dans sa conclusion : « 2 ou 3 points de croissance manquent aux pas du Sud pour résoudre leurs problèmes. Il faut que leur croissance soit plus inclusive, qu’elle profite plus aux classes défavorisées, sinon on ne peut exclure l’éventualité de révolutions sociales. Certains pays l’ont d’ailleurs compris, et commencent à agir en ce sens… ».
À bon entendeur…

Alfred Mignot – LeJMED.fr

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(1) – Les personnalités ayant participé aux tables rondes : Guillaume Almeras, consultant international, co-auteur de « Méditerranée 2030 » ; Akram Belkaïd, journaliste, spécialiste économique et du monde arabe, plus spécifiquement du Maghreb ; Azzam Mahjoub, professeur émérite en sciences économiques et expert international ; Henry Marty-Gauquié, directeur représentant du Groupe BEI à Paris, en charge des liaisons avec les organisations internationales ; Gonzalo Escribano, professeur au sein du département d’économie appliquée (UNED), diplômé en économie (Ph.D) de l’université de Complutense de Madrid ; Jean-Yves Moisseron, économiste, chercheur à l’Institut de Recherche sur le Développement, professeur à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, et à l’EHESS. En présence des membres du Conseil scientifique suivants : Jean-Paul Chagnollaud, professeur des Universités, rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée ; Jean-François Coustillière, contre-amiral (2S) ; Jean-François Daguzan, maître de recherche à la FRS, rédacteur en chef de la revue Maghreb-Machrek ; Dominique David - directeur exécutif de l’IFRI ; Pierre Lafrance, Ambassadeur de France ; Michel Masson, général de corps aérien (2S) ; Antoine Sfeir, directeur de la rédaction des Cahiers de l’Orient, président du CERPO ; Giovanna Tanzarella, déléguée générale de la Fondation René Seydoux pour le monde méditerranéen ; Benjamin Stora, professeur d’Histoire du Maghreb à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).

04/01/2011

BONNE ANNEE


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Bonheur, Santé et Réussite dans tous vos projets….
….. et que prospère l’Union Pour la Méditerranée !
Daniel FEIXES
et tous les membres de l’association « .Med »