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09/11/2010

L’AFD déploie près de 400 millions d’euros en faveur du développement durable.

Publié sur le blog de "l'association de la presse panafricaine"



Environnement urbain au Togo, assainissement au Maroc, financement des entreprises en Côte d’Ivoire, formation en Tunisie et en République Dominicaine, développement local en Mauritanie, eau et assainissement en Ouganda, sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, aéroports en Afrique du Sud… : à l’occasion de son Conseil d’administration du 4 novembre 2010 , l’AFD déploie près de 400 millions d’euros en faveur du développement durable.



Togo : environnement urbain de Lomé



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 5 millions d’euros à la République du Togo pour le financement du deuxième projet environnement urbain de Lomé.



Lomé, capitale du Togo, abrite 1,4 million d’habitants et devrait en compter un million supplémentaire d’ici à 15 ans. La ville s’étend bien au-delà du périmètre administratif de la commune et doit faire face à la création de nombreux quartiers spontanés. Cette urbanisation incontrôlée exclut la majorité de la population de l’accès aux services essentiels et aggrave la pauvreté urbaine. Le projet permettra d’améliorer l’environnement urbain de la ville en réalisant des investissements publics dans les secteurs de l’assainissement et des déchets solides, tout en renforçant les capacités de gestion de la municipalité.



Côte d’Ivoire : garantie ARIZ II à la SGBCI pour le financement des PME



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une dotation visant à garantir des concours consentis par la Société Générale de Banques en Côte d’Ivoire (SGBCI). L’enveloppe des garanties susceptibles d’être accordées est d’un montant maximal de l’équivalent en FCFA de 4,573 millions d’euros.



Le mécanisme ARIZ est une assurance pour le risque de financement de l’investissement privé. Avec la garantie partielle de portefeuille, le nouveau dispositif ARIZ II permet aux banques de développer leur activité de prêts en faveur des PME. Ce concours vise à appuyer la croissance économique et à favoriser le développement du secteur privé et des échanges commerciaux dans le pays et à permettre le maintien et la création d’emplois. L’AFD a déjà octroyé de nombreuses garanties à la SGBCI, qui est leader historique régional et national sur le marché des PME.



Maroc : programme national d’assainissement



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 20 millions d’euros à l’Office National de l’eau Potable (ONEP) pour le financement de la première phase du Programme National d’Assainissement du Maroc.



Au Maroc, l’amélioration de l’assainissement est un enjeu important pour préserver la qualité des ressources d’eau existantes. Le taux d’accès des populations à un service d’assainissement est en moyenne de 69%, et le taux d’épuration des eaux usées de seulement 13%. Le Programme national d’assainissement impulsé par le gouvernement vise à porter ces taux respectivement à 80% et à 60% d’ici 2020. Le projet concernera la réhabilitation et l’extension de réseaux d’assainissement et la construction de stations d’épuration dans 29 villes, de 5 000 à 60 000 habitants. Des mesures d’accompagnement visant à renforcer les capacités de l’ONEP et du secteur, ainsi que la sensibilisation des usagers, sont également prévues. Le projet aura un fort impact social, grâce à l’amélioration des conditions sanitaires des populations et de leur cadre de vie. Le programme s’intègre dans la stratégie de l’Union pour la Méditerranée, en contribuant à la dépollution de la Méditerranée.



Tunisie : école d’ingénieurs de Bizerte



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 15 millions d’euros à la République tunisienne pour la construction de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Bizerte.



Le gouvernement tunisien prévoit de faire passer de 6 000 à 9 000 ingénieurs par an (toutes spécialités confondues) la capacité de formation des élèves ingénieurs d’ici 2015. Le projet consiste dans la conception et la construction d’une école d’ingénieurs à Bizerte, qui est le troisième pôle industriel exportateur du pays, avec 200 entreprises. Il ambitionne, à terme, la formation de 400 ingénieurs diplômés par an dans des secteurs à forte demande économique. La coopération académique et scientifique entre l’ENIB et les écoles françaises sera prise en charge par le SCAC et l’ambassade de France.



Union Européenne : Facilité d’Investissement du Voisinage



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 5 millions d’euros à la Banque européenne d’investissement (BEI), gestionnaire du fonds fiduciaire de la facilité d’investissement du voisinage (FIV), pour contribuer aux opérations de ce fonds.



La FIV est l’instrument financier destiné à accroitre le volume et l’attrait des ressources disponibles pour la coopération entre l’Union européenne et ses voisins (pays méditerranéens, hors Turquie et Balkans, et de l’est européen). Les subventions de la FIV sont destinées aux secteurs sociaux, des transports, de l’énergie, de l’eau et de l’assainissement et au soutien du secteur privé.



Mauritanie : décentralisation et développement local



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 4 millions d’euros à la République de Mauritanie pour un programme d’appui à la décentralisation et au développement local dans les régions de l’Assaba et du Guidimakha.



Le renforcement des collectivités locales mauritaniennes constitue une voie privilégiée pour améliorer les équipements en infrastructures et services, relancer les activités productives et assurer la protection des ressources naturelles, dans le cadre d’un dialogue étroit avec la société civile. Le programme responsabilisera les communes dans la définition et la mise en œuvre sur leur territoire d’actions de développement cohérentes au niveau régional. Ses impacts porteront notamment sur la création et la répartition de revenus, l’amélioration de l’accès aux services de base (éducation, hydraulique et santé) et le renforcement des institutions mauritaniennes.



Ouganda : eau et assainissement à Kampala



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 75 millions d’euros à la République de l’Ouganda pour un projet d’eau et d’assainissement à Kampala – Lac Victoria.



La demande en eau potable dans la zone du grand Kampala devrait passer de 180 000 m3/jour à 350 000 m3/jour d’ici quinze ans, alors que la production moyenne actuelle n’est que de 140 000 m3/jour. Des investissements importants sont donc nécessaires pour rétablir la pleine capacité des ouvrages existants et en construire de nouveaux. Le projet permettra le développement accéléré de l’accès à l’eau potable dans la capitale, la réduction de pertes et l’amélioration des performances financières de la National Water an Severage Corporation, entreprise publique chargée de la production et de la distribution d’eau potable ainsi que de l’assainissement collectif à Kampala et dans les 22 principales villes du pays.



Afrique de l’Ouest : appui à la sécurité alimentaire



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 10,4 millions d’euros à la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour un programme d’appui à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest.



En Afrique de l’Ouest, l’insécurité alimentaire reste un problème structurel majeur : sur 265 millions d’habitants, 40 millions souffrent de malnutritions chroniques et des crises affectent des dizaines de millions de personnes chaque année. Une grande partie des actions du programme relèvent du renforcement de capacité, à travers des actions d’accompagnement méthodologique et technique, de production de connaissance, de diffusion d’informations et de formation. Avec le développement d’instruments de réduction de la volatilité des prix ou d’amélioration de l’accessibilité aux produits alimentaires, le programme permettra notamment une amélioration des conditions de vie des ménages, en particulier les plus pauvres, et la dynamisation de la production agricole et des échanges régionaux.



Afrique subsaharienne et région Méditerranée : garantie à la Grameen Crédit agricole Microfinance Foundation pour le développement de la microfinance.



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une garantie bénéficiant à des concours consentis par la Grameen Crédit agricole Microfinance Foundation (GCAMF). L’enveloppe des garanties susceptibles d’être accordées est d’un montant maximal de l’équivalent en monnaie locale de 10 millions d’euros.



La GCAMF, créée en septembre 2008 à l’initiative du Crédit Agricole SA et de la Grameen Trust du Professeur Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006, a pour objet le soutien d’institutions de microfinance de taille intermédiaire, porteuse d’une mission sociale et orientées sur les zones rurales et agricoles. Ces garanties seront ciblées sur les zones Afrique Sub-saharienne et Méditerranée.



Afrique du Sud : mise à niveau des aéroports



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 200 millions d’euros à Airports Colmpany of South Africa Ltd (ACSA) pour le refinancement de la mise à niveau des principaux aéroports d’Afrique du Sud.



L’Afrique du Sud joue un rôle de hub majeur pour le trafic aérien intra et inter continental. Le développement des infrastructures aéroportuaires représente donc un élément essentiel pour la croissance économique du pays et celle de la région toute entière. ACSA, l’opérateur public des aéroports sud-africains, a entrepris depuis 2008 la modernisation et l’extension des aéroports. Ce projet, avec l’amélioration du réseau de transport sud-africain et la création d’emplois, permettra notamment de contribuer au développement de la coopération et de l’intégration régionale.



République Dominicaine : prêts étudiants



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt en dollar d’un montant équivalent à 6 millions d’euros à Pontifica Universidad Catolica Madre y Maestra (PUCMM) pour le développement de prêts aux étudiants et de nouvelles filières de formation.



Le concours permettra à PUCMM, université privée, d’accroître les prêts étudiants offerts en priorité aux étudiants méritants, ayant peu de moyens pour financer leurs études, et dans les filières de formation dont l’économie dominicaine a davantage besoin. D’ici 2014, le nombre de prêts octroyés par l’université devrait augmenter de 18%.



Bénin : aide budgétaire



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 3 millions d’euros à la République du Bénin pour le financement de son programme économique et financier pour l’année 2010.



Le Bénin a été touché en 2009 par les contrecoups de la crise économique mondiale. La politique menée par les autorités pour soutenir la croissance s’est traduite par le doublement du déficit budgétaire, qui a atteint 7,3% du PIB en 2009. L’appui apporté par la France sera ciblé sur la résorption des instances de paiement constatées dans les secteurs prioritaires de la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté.



Afrique de l’Ouest : financement du secteur privé



Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 30 millions d’euros à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour le refinancement de ses prêts au secteur privé marchand.



Créée en 1973, la BOAD est l’institution commune de financement des huit Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Basée à Lomé, elle a pour objectif la lutte contre la pauvreté, le développement équilibré des Etats, l’intégration économique de la zone et le développement du secteur privé. Elle finance les projets de développement rural, d’infrastructures, industriels, agro-industriels, de tourisme et d’autres services. Depuis deux décennies, elle étend son activité au secteur privé marchand, en subsidiarité avec les banques locales. Ce concours contribuera à développer l’accès aux entreprises des pays de l’UEMOA au financement de leurs investissements.



Etablissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis près de soixante dix ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en œuvre la politique de développement définie par le Gouvernement français. Présente sur le terrain dans plus de 50 pays, l’AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète : scolarisation des enfants, appui aux agriculteurs et aux petites entreprises, adduction d’eau, préservation de la forêt tropicale, lutte contre le réchauffement climatique… En 2009, l’Agence a consacré plus de 6,2 milliards d’euros au financement d’actions dans les pays du Sud et en faveur de l’Outre-mer. Ces financements concernent notamment la vaccination de 1,8 million d’enfants, l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable de 7,3 millions de personnes et le soutien de 900 000 emplois dans le secteur productif. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année permettront d’économiser près de 5 millions de tonnes de CO2 par an.

15:56 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

Congrès international à Marrakech sur la médecine et la chirurgie esthétique

Article paru dans "MAROC JOURNAL"

Marrakech, 08/11/10- Un congrès international sur la médecine et la chirurgie esthétique (FACE) aura lieu, les 12 et 13 novembre à Marrakech, avec la participation de plus de 500 spécialistes du rajeunissement du visage.

"FACE" réunira des experts de renommée mondiale dans les domaines de la chirurgie plastique du visage, la médecine anti-âge, l'implantologie, l'esthétique et la dermatologie.

Ce congrès, initié en association avec l'Union pour la Méditerranée (UPM), comporte notamment des sessions plénières, des ateliers multidisciplinaires, des tables rondes et des symposiums.

Il offre l'opportunité aux participants de partager leurs expériences et pratiques multidisciplinaires, de nouer des contacts avec des leaders de l'UPM et d'apprendre sur les dernières technologies en la matière.

08/11/2010 10:45.

15:54 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

Sommet/UPM: Aboul Gheit à Paris jeudi

.Article paru dans "LE FIGARO"

08/11/2010 | Mise à jour : 16:39 Réactions (2)
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, dont le pays co-préside avec la France l'Union pour la Méditerranée (UPM), a indiqué qu'il se rendait jeudi à Paris pour discuter de la possibilité de tenir en novembre un sommet de l'organisation, déjà repoussé une fois.

Le deuxième sommet de l'UPM, initialement prévu le 7 juin à Barcelone (Espagne), avait été reporté à novembre dans la même ville. Paris, Le Caire et Madrid avaient formulé l'espoir que des progrès surviennent entre-temps dans les pourparlers de paix israélo-palestiniens.
"Les discussions en cours se concentrent sur +Allons-nous tenir ce sommet maintenant ou non? Lui fixons-nous une date précise ou non?+ C'est ce qui va être discuté lors de la réunion jeudi prochain à Paris", a affirmé Ahmed Aboul Gheit, cité par l'agence officielle Mena.
L'agence indique que la date qui avait été initialement retenue après le report est le 21 novembre.

Le ministre, cité par l'agence, a précisé qu'il allait exposer à son homologue français Bernard Kouchner et à l'ex-chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, qui reste en charge de la préparation de ce sommet, le point de vue arabe sur cette question après une réunion dimanche au Caire des représentants des pays arabes de la rive sud de la Méditerranée.

La position de ces pays "est que la situation des négociations palestino-israéliennes et les conditions actuelles au Moyen-Orient ne garantissent pas le succès du sommet de Barcelone", a dit le ministre, évoquant "les difficultés autour du communiqué final de ce sommet".
"Toutefois la position arabe estime nécessaire de donner la chance au dialogue entre l'Egypte, la France et l'Espagne avant de parvenir à une décision définitive sur la tenue de ce sommet", a-t-il ajouté.
En octobre, l'Egypte avait déjà estimé que la tenue du sommet était "tributaire" de progrès dans les discussions entre Israël et les Palestiniens.
Lancée en 2008 à l'initiative du président français Nicolas Sarkozy, l'UPM regroupe 43 pays: les 27 de l'UE, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée

15:52 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

08/11/2010

La Tunisie signe avec Desertec pour 500 MW d'électricité verte


Publié dans "ECONOSTRUM"





TUNISIE. Desertec Industrial Initiative (DII), bras opérationnel de la Fondation Desertec, a signé jeudi 4 novembre 2010 un mémorandum d'entente avec l'Etat tunisien pour l'étude de pré-faisabilité d'un projet de production de 500 mégawatts d'électricité verte.

Le dossier est confié à Steg Er, filiale énergie renouvelables de la Société tunisienne d'électricité et de gaz (STEG), et actionnaire depuis octobre 2010 de DII.

Intégré dans le Plan solaire tunisien, ce projet de production comprend 250 mégawatts en solaire concentré, 125 mégawatts photovoltaïques et 125 mégawatts éoliens.

Cette production alimentera la consommation locale mais sera également exportée en Europe..

La Tunisie entend inverser à 90% sa consommation d'énergie fossile en énergies renouvelables à l'horizon 2050 grâce à son Plan solaire qui regroupe une quarantaine de projets d'énergie solaire pour une enveloppe totale de 2,12 mds€.


Vendredi 5 Novembre 2010
Frédéric Dubessy

13:36 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)

Entretien Avec Henri Guaino : Une forme d'illusion a conduit à la catastrophe...

Publié dans "MAROC.MA"

Entretien Avec Henri Guaino
Une forme d'illusion a conduit à la catastrophe...
Limpide, le propos du conseiller spécial du Président français Nicolas Sarkozy s'arrête sur la crise et les espoirs nourris quant à l'UPM
Publié le : 07.11.2010 | 12h55



Depuis belle lurette déjà, le conseiller spécial du président de la République de France Henri Guaino ne passe pas inaperçu. Féru d'Histoire, le Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy figure parmi les plus fervents défenseurs de l'idée de l'Union pour la Méditerranée.


C'est à Marrakech, à l'occasion de la tenue du Forum économique mondial, que Le Matin l'a rencontré. Une interview exclusive où l'homme politique rejoint l'analyste économique qu'est Henri Guaino. Pour lui, l'événement qu'a abrité la ville ocre trouve son importance, aux yeux d'H.Guiano, dans le fait qu'elle est «utile parce qu'après la crise 2008-2009, il faut tout remettre à plat et l'on ne peut pas espérer faire bouger les choses sans faire bouger les esprits…» Quant à la crise, elle-même, le conseiller du président Sarkozy n'y va pas de main morte en notant que «il y a eu beaucoup de rencontres avant la crise qui ont toute témoigné d'une sorte d'aveuglement collectif davantage que d'une lucidité partagée sur l'état réel de l'économie mondiale». Sa conclusion tombe comme un couperet voulant rompre avec une certaine idée de l'appréhension de la crise : «Nous avons vécu, collectivement, à l'échelle mondiale, dans une forme d'illusion qui nous a conduits droit à la catastrophe». Entre l'adret et l'ubac, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy ne manque pas de relever que combien même l'on n'a pas tiré tous les enseignements de la crise, il n'en demeure pas moins que «le seul fait que la G20 existe, qu'il se réunisse, c'est une révolution.

Le seul fait que l'on commence à parler de la régulation de l'économie mondiale, de la régulation de la finance, de la remise en ordre du système monétaire c'est déjà un énorme progrès». Henri Guiano estime, néanmoins, que sur fond de crise «il nous faut opposer la coopération à la tentation du protectionnisme». Surtout, renchérit notre interlocuteur, que « c'est par la coopération et la responsabilité partagée que nous exprimerons au mieux notre destinée commune». D'où le besoin, justement, d'un cadre multilatéral plus large». Et c'est sur ce principe global, nous dit H.Guiano, que se dessine le comment de la construction de l'Union pour la Méditerranée. Et d'indiquer que le Sommet de l'UPM, initialement prévu en juin 2010, devra se tenir le 21 novembre à Barcelone. Une opportunité de plus pour pouvoir prétendre entreprendre plus et mieux.

Abdelhadi Gadi
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Henri Guaino, né le 11 mars 1957 à Arles (Provence-Alpes-Côte d'Azur), est un haut fonctionnaire français. Il est, depuis le 16 mai 2007, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. Henri Guaino a participé au Forum économique mondial sur la région du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA) qui s'est tenu du 26 au 28 octobre à Marrakech, sous le thème "Sens, résilience et prospérité".

LE MATIN : Vous avez fait le déplacement pour participer au Forum économique mondial. Est-ce qu'on peut avoir votre appréciation de cet événement, prenant notamment en ligne de compte son timing ?
HENRI GUAINO : Il s'agit d'un événement important parce que la plupart des acteurs qui s'intéressent au développement de la Méditerranée y prennent part. Ce type de rencontre est utile parce qu'après la crise 2008-2009, il faut tout remettre à plat et l'on ne peut pas espérer faire bouger les choses sans faire bouger les esprits, les mentalités... Pour cela, il est primordial que les différents acteurs confrontent leurs idées. Si les gens ne se parlent pas, ne réfléchissent pas ensemble, on ne fera rien avancer. Il faut aussi que les acteurs de la politique, de la culture, de l'économie se rencontrent pour parler de projets concrets, nouer des relations d'affaires. C'est indispensable si on veut que les projets se multiplient et que la croissance revienne.

Il y a eu des rencontres et sommets avant que la crise n'éclate. Est-ce qu'il ne vous semble pas que les experts n'ont rien vu venir et qu'on pourrait retomber sur la même chose demain ?

C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de rencontres avant la crise qui ont toutes témoigné d'une sorte d'aveuglement collectif davantage que d'une lucidité partagée sur l'état réel de l'économie mondiale, du système financier et du système monétaire. Nous avons vécu, collectivement, à l'échelle mondiale, dans une forme d'illusion qui nous a conduits tout droit à la catastrophe Mais, il y a eu aussi des experts qui ont alerté sur les déséquilibres économiques et les dérives de la finance, et ils n'ont pas toujours trouvé d'enceinte pour se faire entendre. Il y avait une pensée unique, il y avait des intérêts qui ne voulaient pas être remis en cause et qui étouffaient toutes les voix critiques. La crise a mis un terme à cet état de fait. Nous savons maintenant que les choses ne peuvent pas continuer comme avant et qu'il n'y a pas d'issue pour une économie fondée sur l'argent facile, la spéculation et la rente.
Ne nous y trompons pas : il n'y a pas d'un côté la crise financière, de l'autre la crise économique, d'un autre encore la crise sociale, ou la crise écologique. Elles sont toutes liées et, si nous n'y prenons pas garde, elles engendreront aussi des crises politiques très graves. A-t-on tiré jusqu'à présent toutes les leçons de la crise ? A-t-on pris toutes les mesures qui s'imposent ? Pas encore. Mais déjà, le seul fait que le G 20 existe, qu'il se réunisse, c'est une révolution. Le seul fait que l'on commence à parler de la régulation de l'économie mondiale, de la régulation de la finance, de la remise en ordre du système monétaire, c'est déjà un énorme progrès. C'était des sujets qu'il était impossible d'évoquer avant la crise dans les enceintes internationales.

Regardez l'évolution des débats dans des rencontres comme celle de Davos ! Ou prenez l'exemple des monnaies : il y a quelques mois encore, le sujet paraissait sans intérêt pour beaucoup d'observateurs, pris par le quotidien, saisis par la fébrilité des marchés, obsédés par le court terme. Puis on a vu surgir des tensions, le risque de guerre des monnaies est devenu tangible. Du coup le problème du système monétaire international s'est installé au cœur du débat. La France qui va présider le sommet du G 20 et le G 8 pendant un an à partir du mois de décembre va mettre ces sujets à l'ordre du jour. Le seul fait de les mettre à l'ordre du jour est déjà, en lui-même, un événement. Les mentalités et les comportements ne changent pas du jour au lendemain. Il est vrai aussi que la crise n'a pas eu autant d'effets catastrophiques qu'elle aurait pu en avoir si la réaction des banques centrales et des États n'avait pas été aussi énergique. Mais le fait d'avoir évité le pire et d'avoir le sentiment que la croissance a tendance à repartir contribue à un relâchement des efforts de réforme. Or, si nous ne remettons pas les choses à plat, si nous ne changeons pas en profondeur nos critères, notre organisation, nos règles et cela tous ensemble, alors les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Tous ceux qui pensent que tout pourrait recommencer comme avant, non seulement se trompent mais prennent devant l'Histoire une responsabilité très lourde. Rien ne peut recommencer comme avant. Si la spéculation continue à avoir le rôle qu'elle a eu dans les années passées, s'il n'y a pas de règles, si les marchés continuent de fonctionner de manière débridée, s'il n'y a pas de transparence, nous aurons à affronter des crises encore plus graves parce que les États n'auront plus autant de moyens pour intervenir. Quand la confiance disparaît en temps de crise, on a besoin que les banques centrales et les États interviennent pour empêcher que tout s'effondre en sauvant les banques et les institutions financières. La contrepartie de ces interventions, en dernier ressort, c'est que les banques, les institutions financières doivent respecter des règles. Il est clair qu'il y a encore beaucoup à faire sur la réglementation du système financier, des banques, des marchés, sur la stabilisation des cours des matières premières... C'est toujours la même problématique : on ne peut pas laisser la spéculation fixer le prix des matières premières, de l'alimentation, de l'énergie, des métaux, les cours de change, la valeur des entreprises...

Par rapport aux effets de la crise, il y a eu l'effet du repli de certaines économies. Par exemple, en France, il y a eu le repli qui a eu de l'effet sur les centres d'appels et ce qui a suscité la question de la délocalisation. A votre avis, est-ce que ce sont des réactions productives ?

Le protectionnisme est une mauvaise idée. Mais les sociétés et les économies des pays développés ne peuvent pas supporter que tout s'en aille. Ce sont des sociétés qui sont en crise profonde. Il faut en tenir compte. Cette crise suscite une forte demande de protection. Si cette demande ne trouve pas de réponse raisonnable, les peuples finiront par exiger des réponses déraisonnables. Si l'on veut éviter le protectionnisme, si l'on veut éviter le repli sur soi de beaucoup de grands pays développés, il faut qu'il y ait des règles, il faut qu'il y ait de la réciprocité, qu'il y ait de la concurrence loyale. Il faut que tout le monde ait le sentiment d'avoir quelque chose à gagner à l'ouverture et à la mondialisation. La question des centres d'appels renvoie, à mon avis, à une question fondamentale. Qu'il y ait une redistribution des cartes dans l'économie mondiale, c'est inévitable avec l'émergence de nouveaux concurrents. Mais, il y a deux formes de mondialisation. La première, celle que nous venons de vivre depuis trente ans dans laquelle beaucoup de pays essaient de se développer au détriment des autres.

Et ce, en prenant leurs emplois, leurs parts de marchés, leurs technologies et en utilisant des dumpings monétaires, sociaux, fiscaux, ou encore environnementaux. Cette forme de mondialisation ne peut pas être durable. Un deuxième type de mondialisation s'est manifesté à plusieurs moments dans l'histoire, pendant les «Trente Glorieuses» par exemple, où les sociétés se sont ouvertes, ont accepté la liberté des échanges, la concurrence loyale et où chacun en se développant a contribué au développement des autres. Cela suppose qu'un certain nombre de pays ne considèrent pas que l'objectif ultime est d'accumuler des excédents mais d'améliorer la qualité de la vie, le pouvoir d'achat, la protection sociale et de développer leur marché intérieur de sorte qu'ils deviennent, à la fois, des fournisseurs et des clients. C'est la seule mondialisation qui soit durable. Il nous faut opposer la coopération à la tentation du protectionnisme.

Commençons par organiser l'espace euro-méditerranéen pour en faire le grand laboratoire du co-investissement et du co-développement. C'est par la coopération et la responsabilité partagée que nous exprimerons le mieux notre destinée commune. Au delà de ce que nous faisons sur le plan bilatéral, qui demeure très important, nous avons besoin d'un cadre multilatéral plus large. Il nous faut discuter tous ensemble de l'alimentation, de l'agriculture, de la production industrielle…
Il nous faut réfléchir ensemble sur la répartition de la chaîne de valeurs entre l'Europe et les pays de la Méditerranée, sur un cadre réglementaire et juridique pour les investissements...
Prenez l'exemple du plan solaire méditerranéen qui intéresse particulièrement le Maroc. On a créé deux consortiums de grandes entreprises, l'un pour la production d'énergie solaire, appelé Desertec, l'autre pour construire des infrastructures de transport électrique entre les deux rives, appelé Transgreen. Ainsi une partie de l'électricité solaire produite au Sud pourra être exportée vers l'Europe qui en a besoin pour atteindre ses objectifs en matière d'énergie propre.
De la sorte, on va pouvoir rentabiliser des projets qui, sans cela, n'auraient pas été rentables. C'est exactement dans cet esprit que nous devons travailler. C'est le genre de projets que nous devons monter ensemble et où tout le monde est gagnant. Voilà comment nous allons bâtir l'Union pour la Méditerranée.

En dehors de ce projet, nous avons l'impression que l'Union pour la Méditerranée relève des vœux pieux…

Certes, on ne va pas refaire du jour au lendemain l'unité de la Méditerranée perdue depuis si longtemps. Ce vieux rêve d'unité se heurte aux drames et aux tragédies qui depuis des siècles déchirent le monde méditerranéen. Mais l'Europe, si longtemps divisée elle aussi par tant de guerres ne s'est pas unifiée non plus du jour au lendemain. La marche vers l'unité ne peut être qu'un processus très long. Mais depuis deux ans, on progresse avec pour but que, petit à petit, une solidarité, sans cesse croissante entre les deux rives, devienne un processus irréversible. De ce point de vue, au milieu des difficultés, malgré le conflit israélo-palestinien et avec tous les autres conflits qui divisent les pays de la Méditerranée, on avance quand même. La région a traversé depuis deux ans des crises majeures. Cependant, aucun de ses membres n'a souhaité quitter l'Union pour la Méditerranée.

Mais c'est difficile de la maintenir ?

Oui c'est difficile. Il y a le conflit israélo-palestinien, l'affaire du Sahara, Chypre... Sans oublier la crise économique, la crise alimentaire qui peut revenir demain avec des émeutes de la faim dans certains pays si les cours des matières premières montent brusquement à cause des pénuries et de la spéculation... Mais c'est précisément pour cela qu'il faut consentir davantage d'efforts pour essayer de construire l'UPM. A aucun moment, nous n'avons cessé de travailler sur les grandes priorités fixées au Sommet du 13 juillet 2008. C'est vrai que le plan solaire est le plus avancé. Mais la dépollution de la Méditerranée avance aussi, ainsi que la coopération universitaire, ou celle en matière de protection civile, ou de politique de l'eau. Nous nous sommes aussi employés à mobiliser des capitaux. Nous avons créé des fonds. Nous avons mis en place le fond InfraMed pour le financement des infrastructures en Méditerranée avec les Caisses des dépôts française, espagnole, marocaine, des institutions financières égyptiennes et d'autres partenaires vont s'y joindre. On espère atteindre un milliard d'euros de fonds propres dans un premier temps. Avec la possibilité d'emprunter, on arrivera à deux milliards de capacité d'investissement. Je pourrai citer aussi le fonds carbone méditerranéen ou encore l'augmentation des engagements de la Banque Mondiale. Depuis le début, on estime que l'Union pour la Méditerranée a permis de mobiliser à peu près huit milliards d'euros supplémentaires pour la Méditerranée. C'est un début.

Après le report du sommet des chefs d'État de l'UPM, qu'en est-il aujourd'hui, est-ce qu'il y a une autre date qui est décidée ?

Le sommet était initialement prévu en juin 2010, deux ans après le premier sommet du 13 juillet 2008 à Paris qui avait lancé l'UPM. Nous avons décidé, d'un commun accord, de le reporter. Parce que les conditions politiques n'étaient pas réunies. Même si l'UPM n'est pas faite à l'origine pour résoudre le conflit israélo-palestinien, elle ne peut pas l'ignorer.
Ce conflit est au cœur des relations des pays méditerranéens. Une autre date a été fixée, le 21 novembre à Barcelone. C'est vrai que l'on se retrouve, une fois encore, dans un contexte très difficile de blocage sur la question du Moyen-Orient. Il est néanmoins très important que ce sommet se tienne. La France a proposé qu'il soit adossé à une initiative en faveur de la paix. Elle a proposé d'y associer tous les pays qui se sentent concernés et qui sont engagés dans le processus de paix. Comme la Russie et les États-Unis. Tous ensemble nous pouvons peut-être trouver le moyen de sortir du blocage dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui. Ce serait la première fois que tous les pays concernés seraient présents, y compris les pays du Sud.

C'est une occasion sans précédent pour faire avancer la cause de la paix. Ce sera aussi l'occasion de régler les problèmes institutionnels de l'UPM. Le secrétariat a été mis en place. C'est la première fois que dans une organisation de ce genre il y a un secrétaire général adjoint palestinien et un autre israélien qui travaillent ensemble. Il faut maintenant régler le problème du financement de ce secrétariat. Il faut régler aussi le problème de la coprésidence Nord et désigner les nouveaux co-présidents pour les deux ans à venir. Nous allons proposer aussi d'élargir les discussions à des sujets comme la question alimentaire qui est essentielle ou la question des migrations qui l'est tout autant, ou encore à des questions comme le développement urbain, le projet de création d'une banque de la Méditerranée et d'un Centre méditerranéen de la recherche scientifique.

Avez-vous eu des garanties que les deux parties, Palestine et Israël, vont répondre favorablement à votre appel ?

Pour l'instant, aucun pays membre n'a demandé le report du Sommet.

Entretien réalisé par Abdelhadi Gadi et Mohamed Zaïnabi

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04/11/2010

UNION POUR LA MÉDITERRANÉE - Le sommet de Barcelone aura bien lieu


Écrit par Vincent Garnier

Selon une information du journal Le Point, l'Élysée a confirmé la semaine dernière, en marge d'une rencontre entre le président de la République et Nabih Berri, président de l'assemblée nationale libanaise, que le sommet de l'Union pour la Méditerranée prévu les 20 et 21 novembre prochain à Barcelone aurait bien lieu. Et ce malgré la suspension des négociations israelo-palestiniennes et les probables difficultés à assoir ces deux acteurs clefs autour de la même table lors du sommet.

Bruno DECOTTIGNIES (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 4 novembre 2010

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03/11/2010

Coopération Les collectivités tentent de relancer le partenariat méditerranéen autour du développement urbain et de l'eau

Article paru sur "Localtis.Info"

Coopération
Les collectivités tentent de relancer le partenariat méditerranéen autour du développement urbain et de l'eau

publié le 02 novembre 2010

Dans la perspective de sa prochaine session plénière qui se tiendra le 29 janvier 2011 à Agadir (Maroc), l'Arlem (Assemblée régionale et locale euroméditerranéenne) vient de réunir sa commission Ecoter (affaires économiques, sociales et territoriales) le 28 octobre, à Bruxelles. Le 8 novembre, à Marseille, ce sera au tour de sa commission Sudev (développement durable). L'objectif de ces rencontres est de finaliser deux rapports sur le développement urbain et sur la gestion locale de l'eau et de conforter l'Arlem dans sa mission d'associer plus étroitement les collectivités territoriales aux projets concrets de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Ainsi, le rapporteur de la commission Ecoter, Khalid Al Hnaifat, maire du Grand Tafilah (Jordanie), appelle à "la création d'une structure de l'UPM consacrée au développement urbain en Méditerranée et qui devrait soutenir le lancement de projets de développement durable en milieu urbain (politiquement, financièrement et en termes de savoir-faire) afin d'établir un réseau entre les différents acteurs impliqués dans le développement des zones urbaines autour de la méditerranée". De la même manière, la commission Sudev insiste sur la valeur ajoutée qu'apporte l'expérience des collectivités territoriales en matière de gestion de l'eau. Ràmon Luis Valcàrcel Siso, rapporteur et président de la région de Murcia (Espagne), plaide pour la mise en place d'un projet-pilote mené par l'UPM en étroite collaboration avec l'Arlem. Celui-ci consisterait à déterminer des objectifs concrets en matière d'éducation, de sensibilisation, de formation et de transfert de technologies. Objectifs qui serviraient de cibles aux collectivités locales et régionales impliquées dans les projets.
Concrètement, ces propositions plaident pour plus de décentralisation via une approche participative. L'Arlem, par la voix de son rapporteur sur le développement urbain, souligne la nécessité urgente de mettre en place des initiatives propres au cadre de la coopération euroméditerranéenne. Sur le thème de la gestion des ressources en eau, elles viendraient compléter le programme régional de l'instrument de voisinage et de partenariat européen (IEVP) "gestion de l'eau et dépollution de la Méditerranée" et les initiatives du secteur privé, à l'image de l'atelier sur l'eau et l'environnement. De plus, le développement de ce type d'actions mettrait en pratique les lignes directrices de la "stratégie pour l'eau en Méditerranée". Cette dernière avait été rejetée en avril lors de la conférence ministérielle euroméditerranéenne sur l'eau après le désaccord entre Israël et les pays arabes sur une référence aux "territoires occupés". L'adoption de cette stratégie est aujourd'hui encouragée par la commission Sudev qui souhaite la voir adoptée "dans les meilleurs délais". La logique est globalement la même pour la thématique du développement urbain. Il s'agit, plutôt que de créer de nouveaux instruments, de renforcer l'existence de partenariats bilatéraux entre autorités locales européennes et leurs homologues dans les pays du sud et de l'est de la Méditerranée afin d'accroître l'efficacité des mesures de développement durable et de bonne gouvernance. Selon les propositions de la commission Ecoter, ces actions devraient être renforcées dans le cadre du programme Ciudad ou Euromed Heritage, Euromed programme régional ou dans le cadre de l'IEVP qui sont accessibles aux collectivités territoriales.
Le financement des projets demeure cependant le point faible de ces propositions, bien qu'il y ait moins d'incertitude au sujet de la gestion de l'eau que sur celle du développement urbain. Jean-Louis Ville de la DG EuropeAid, a annoncé cet été que la Commission européenne disposait de 15 millions d'euros pour financer des projets mettant en pratique les lignes directrices de la stratégie sur l'eau. A l'inverse, il a confirmé que les fonds disponibles pour le développement urbain avaient déjà été alloués jusqu'en 2013 et qu'il n'existait pour l'instant aucune garantie pour la période 2014-2020.

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Le Plan solaire méditerranéen passe d’une volonté politique à une réalité économique

Article paru dans "Econostrum"

A dix ans de l’échéance visant à créer 20 GW d’énergies renouvelables supplémentaires d’ici à 2020 dans les pays du bassin méditerranéen, le Plan solaire méditerranéen commence à séduire politiques et industriels.


MEDITERRANEE. Vingt gigawatts de capacités additionnelles de production d’électricité bas carbone au sud et à l’est de la Méditerranée d’ici à 2010. L’objectif du Plan solaire méditerranéen (PSM) apparaît ambitieux.

Né officiellement en juillet 2008, lors du Sommet de Paris qui l’a établi comme l’une des six initiatives prioritaires de l’ l’Union pour la Méditerranée (UpM), ce plan vise à favoriser le lancement de projets régionaux et à développer des lignes d’interconnexion permettant l’exportation d’une partie de cette électricité verte vers l’Union européenne.

Au centre de la problématique se trouve un constat : les combustibles fossiles représentent l’essentiel de l’énergie utilisée dans le bassin méditerranéen. Or, d’ici 2020, la demande d’énergie y augmentera de 70%. Trouver des alternatives en recourant aux énergies renouvelables s’impose donc. Et pas seulement avec le photovoltaïque comme pourrait le suggérer le nom choisi (Plan solaire méditerranéen) qui ne reflète pas toute la substance de ce projet englobant aussi l’éolien et l’hydraulique.
Il faudra mobiliser au total un investissement de près de 50 mds€ d’ici à 2020 pour atteindre les 20 GW.

Intérêt manifeste des industriels et des investisseurs
Forum de Paris en avril, Conférence sur le Plan solaire méditerranéen à Valence (Espagne) en mai, Mediterranean Green Development Investors Forum à Athènes en octobre, aucune manifestation méditerranéenne d’envergure n’a fait l’impasse sur le PSM en 2010, véritable année de son lancement. Et les projets régionaux, base de ce PSM chargé de leur donner l’impulsion, fleurissent.

« Nous observons maintenant un intérêt manifeste des industriels et des investisseurs » souligne Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne et d’investissement (BEI) en charge du PSM. « D’une volonté politique, nous sommes passés à une réalité économique. Les chefs d’entreprises sont demandeurs, prêts à investir sur les liaisons électriques, le transport ». Des projets comme Desertec, création d’un réseau interconnecté alimenté par des centrales solaires du Maroc à l’Arabie saoudite puis par des câbles sous-marins à l’Europe, et Transgreen, construction d’un réseau sous-marin de transport d’électricité entre l’Afrique et l’Europe, le prouvent.

L'éolien mieux maitrisé que les autres technologies

A dix ans de l’échéance, la Femip (Facilité euro-méditerranéenne d’investissements et de partenariat), qui a investit 3,7 mds€ dans le secteur de l’énergie de 2002 à 2009, identifie quatre-vingt dix projets liés au PSM pour un total de 10 GW. « La mobilisation est bien là. Mais la très grande majorité d’entre eux reste au encore au stade préliminaire » observe Philippe de Fontaine Vive.

L’étude de la Femip évoque cependant dans ce lot, un tiers de projets éoliens déjà bien avancés qui doivent finaliser leur plan de financement.

« L’éolien constitue une technologie bien maîtrisée qui va se développer dans les années à venir. Par contre, pour le solaire, des mesures gouvernementales doivent être prises. Le tarif d’électricité adopté par les pays méditerranéens reste trop faible pour obtenir une rentabilité. Cette dernière passe par une nouvelle réglementation, une connexion à l’Europe et un relèvement des tarifs » souligne Philippe de Fontaine Vive.

Le coût de production de l'électricité solaire dépasse encore celui de toutes les autres formes d'énergie, alors que l'électricité doit être mise à disposition de la population et des entreprises au meilleur prix grâce à des subventions et des crédits carbone. « Une prévisibilité apparaît indispensable pour attirer les investisseurs. Ceci suppose des prix et un cadre réglementaire durables. C’est un pari que prend l’Europe avec les pays du bassin méditerranéen » poursuit-t-il.

Ouarzazate, prototype du PSM
Tous ces chiffres s’entendent hors Turquie. Ce pays semble capable à lui seul d’atteindre les 10 GW en 2020 soit la moitié de l’ambition du PSM. « La Turquie est plus proche de l’Union européenne que les autres pays du bassin méditerranéen. Dès 2011, elle disposera d’une boucle électrique avec l’Europe alors que les autres devront attendre 2013 ou 2014. Cette synchronisation et proximité de la Turquie font qu’elle peut exporter plus facilement en Europe » commente le vice président français de la BEI.

La conférence de Valence a permis d’organiser la coopération entre les différents bailleurs de fonds. Celle d’Athènes de mobiliser les politiques sur les changements climatiques à l’appel de George Papandreou, le premier ministre grec.

Projet phare : la centrale solaire de Ouarzazate (Maroc) de 500 MW devrait très prochainement obtenir un prêt de la BEI, l'Agence Française de Développement (AFD), la KfW (groupe bancaire public allemand) et la Banque mondiale. Elle s’intègre dans le cadre du projet solaire marocain qui prévoit l’installation de cinq centrales thermo-solaires pour une capacité installée de 2 000 MW. Celle de Ouarzazate sera la première à voir le jour en 2015.

« Cet accord représente le prototype du PSM » assure Philippe de Fontaine Vive qui se projette vers les 20 et 21 novembre 2010, date du prochain sommet de l’UpM. « Nous souhaitons qu’à Barcelone, s’organise très concrètement la liaison entre le secrétariat de l’UpM, la BEI et les projets sud-méditerranéens. Nous voudrions qu’un de nos agents soit présent à Barcelone auprès du secrétaire de l’UpM » dévoile le vice-président de la BEI.

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02/11/2010

L'UE décide d'accorder le statut de "partenaire avancé" à la Jordanie

Lundi 01 Novembre 2010
[Fenêtre sur l'Europe]

À l'occasion de la neuvième réunion du Conseil d'association UE‑Jordanie, qui s'est tenue le 26 octobre 2010, les deux parties ont adopté le tout premier plan d'action de la politique européenne de voisinage à intégrer le partenariat "avancé".

Le partenariat "avancé" aura pour objectif primordial de promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans le voisinage de l'UE. Le "statut avancé" repose sur les valeurs fondamentales, partagées par la Jordanie et l'UE, que sont l'État de droit, la bonne gouvernance et le respect des droits de l'homme.

La Jordanie est le premier partenaire méditerranéen de la PEV avec lequel l'Union européenne a conclu les négociations techniques préalables à l'adoption d'un nouveau plan d'action conjoint PEV donnant corps au partenariat "avancé".

Ce partenariat élargit encore le périmètre de la coopération entre la Jordanie et l'Union en ouvrant de nouvelles perspectives de relations économiques et commerciales grâce à une libéralisation progressive des services et du droit d'établissement, à la facilitation de l'accès au marché, à la convergence progressive des réglementations et aux préparatifs en vue de négociations futures portant sur un accord de libre-échange approfondi et complet, ainsi qu'au renforcement de la coopération avec certains programmes et agences européens.

C'est avec l'accord de coopération signé en 1977 que la Jordanie et la Communauté européenne ont établi leurs premières relations contractuelles.

Le partenariat euro-méditerranéen instauré lors de la conférence de Barcelone de 1995 a fixé une politique comportant des objectifs ambitieux et à long terme. Ce partenariat a été renforcé en 2008 par la création de l'Union pour la Méditerranée.

L'accord d'association avec la Jordanie, qui est entré en vigueur en mai 2002, définit de manière plus détaillée les domaines spécifiques se prêtant à un développement des relations bilatérales. C'est sur cette base que le plan d'action PEV UE-Jordanie a été adopté en janvier 2005 pour une période de trois à cinq ans. Le plan d'action PEV appuie le processus national de réforme qui trouve son expression dans le programme national décennal de la Jordanie et dans l'initiative «Nous sommes tous jordaniens» qui constitue le fondement du programme national jordanien de développement économique et social pour la période 2009-2011.

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Gruissan accueille l'Odyssea de l'espace… méditerranéen

article paru dans "L'Indépendant"

Son nom porte les germes d'une longue et belle aventure. Plus qu'un énième label ou une simple marque de qualité, Odyssea augure d'une nouvelle manière d'appréhender le tourisme en Méditerranée. Un projet ambitieux et à grande échelle, dont le but est aussi de relancer la coopération euro-méditerranéenne. Bref: une épopée d'un genre nouveau, dans laquelle Gruissan joue les premiers rôles.
Accords décisifs Depuis maintenant plusieurs mois, la ville est en effet «cité pilote Odyssea» et multiplie les initiatives. Il s'agit de communiquer différemment auprès des vacanciers,
tout en leur proposant d'autres voies pour découvrir les richesses de toute la région. Une étape majeure sera ainsi franchie aujourd'hui, avec l'inauguration du premier itinéraire culturel «Mer et Terre» de Gruissan (lire ci-contre). La Fédération française des ports de plaisance, le Groupement européen de coopération Odyssea et les partenaires du Réseau Odyssea seront présents: un panel qui atteste de l'importance de ce programme. A terme, l'objectif est bien de mettre en réseau villes, ports et terroirs par la navigation et le voyage. Une réalisation qui aura pour base les itinéraires culturels, mais aussi un système avancé de mise en valeur et de transmission des informations. A ce titre, Gruissan présentera également ce matin les technologies élaborées dans le cadre du web 2.0, l'Atlas Odyssea des «Destinations Europe» ou encore les applications Iphone et Smartphone. Du concret, donc. Il en sera de même l'après-midi, avec la signature à 15h de l'accord-cadre de soutien au Modèle Odyssea. Les participants parapheront aussi notamment un accord de coopération territoriale avec la Grèce, l'Espagne, l'Italie et Malte, faisant ainsi le lien entre avancées locales et enjeux européens. Dialogue interculturel et euro-méditerranéen, développement local et territorial, cohérence et succès touristique… Les perspectives ne manquent pas. On est donc loin des déclarations d'intention, et ce n'est pas un hasard si le Secrétaire d'Etat chargé du tourisme aurait dû être aussi de la partie. Hervé Novelli a finalement annulé sa venue pour raisons familiales… mais il ne sera pas le seul grand absent de cette «journée Odyssea». Georges Frêche devait en effet se trouver lui aussi à Gruissan en tant que président de Région: à n'en pas douter, celui qui était allé jusqu'à imaginer une course de bateaux sur les traces d'Ulysse sera aujourd'hui dans tous les esprits. Gruissan allie plage, mer et charme du vieux village: idéal pour lancer Odyssea.
J. L.Réalisations
Via le Grand Narbonne, l'itinéraire culturel Odyssea Gruissan rejoint les châteaux du Pays Cathare. Cucugnan, Duilhac, Termes, Lagrasse et les vignerons des «Terroirs du Vertige» sont partie-prenante. La capitainerie de Gruissan fait désormais office d'escale nautique, avec un comptoir culturel maritime.
Office de tourisme
C'est le pendant «terre ferme» de la capitainerie, hébergeant une «escale culture et patrimoine» avec un comptoir d'information.
Audiovisuel Le programme Odyssea propose aussi aux visiteurs de découvrir l'histoire de Gruissan racontée par ses habitants sous forme audio-vidéo, grâce aux nouvelles technologies embarquées telles que le GPS ou l'Iphone. Et demain…
Les réflexions se poursuivront en effet demain 3 novembre, au palais des congrès de Gruissan. Au programme, présentation à 9h30 du «Projet stratégique Odyssea Union pour la Méditerranée», puis débat à partir de 15h sur les enjeux culturels et patrimoniaux de la démarche. La mise en réseau des villes sera aussi abordée, avec exemples concrets en guise d'illustration.

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