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10/10/2010

PERPIGNAN : UNE PAROLE POUR LA MEDITERRANEE

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Blog d'André BONET, vendredi 8 octobre 2010. La littérature qui était au rendez-vous, samedi 2 octobre 2010 à Perpignan, à l'occassion de la 26ième édition de remise des Prix Méditerranée à l'hôtel Pams, qui s'est déroulée devant un impressionnant parterre de politiques, d'écrivains, de parlementaires, d'ambassadeurs et de personnalités du monde de l'édition. C 'est par un vibrant hommage à l'écrivain algérien Tahar Djaout, Prix Méditerranée 1991, que le président du Centre méditerranéen de littérature André Bonet, ouvrait la cérémonie. Tahar Djaout a été l'un des premiers intellectuels victimes du terrorisme en 1993.

Il est habituellement dit de la Méditerranée qu'elle aurait reçu tous les dons « en partage » : la lumière et les couleurs, la vigne et l'olivier, des villes chargées d'histoire...La géographie, elle, parle de la région autrement : sans négliger la dimension des représentations, elle introduit la double complexité des héritages historiques et des échelles d'analyse. A cet égard, la Méditerranée apparaît aujourd'hui comme un espace « mal partagé », un miroir des inégalités Nord/Sud. La Méditerranée a été et demeure un espace de circulation, d'échanges et de brassage, en même temps que le théâtre d'affrontements. Si les conflits reflètent des luttes de pouvoir qui dépassent souvent le cadre méditerranéen, la conscience d'avoir en commun une histoire, des modes de vie et des intérêts se traduit dans les relations diplomatiques comme dans le développement des partenariats euro-méditerranéens.
C'est la littérature qui était au rendez-vous, samedi 2 octobre 2010 à Perpignan, à l'occassion de la 26ième édition de remise des Prix Méditerranée à l'hôtel Pams, qui s'est déroulée devant un impressionnant parterre de politiques, d'écrivains, de parlementaires, d'ambassadeurs et de personnalités du monde de l'édition.
C 'est par un vibrant hommage à l'écrivain algérien Tahar Djaout, Prix Méditerranée 1991, que le président du Centre méditerranéen de littérature André Bonet, ouvrait la cérémonie. Tahar Djaout a été l'un des premiers intellectuels victimes du terrorisme en 1993. André Bonet osait le rapprochement avec le martyr des moines de Tibhirine, rappelé à nos mémoires par le très beau film de Xavier Beauvois. Mais c'est surtout un message de Paix que le président faisait passer, calquant cet horizon sur celui des rivages de la Méditerranée.
Le Centre Méditerranéen de Littérature avait réuni autour du livre des représentants de l'Europe, du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée, de la Région Languedoc-Roussillon, du département des Pyrénées-Orientales , de la Communauté d'agglomération Perpignan Méditerranée, de la Ville de Perpignan (dont le maire Jean-Marc Pujol a rejoint cette année le jury du prix Méditerranée), et du principal mécène, la Caisse d'Epargne du Languedoc-Roussillon.
Cette année la cérémonie était placée sous la présidence de Renaud Muselier, Président du Conseil culturel de l'union pour la Méditerranée. Dans son discours inaugural, l'ancien ministre et député de Marseille (capitale européenne de la culture 2013) déclara qu'en tant que Président du Conseil culturel, c'était une fierté et un honneur de joindre sa voix à celle du Centre Méditerranéen de Littérature « pour mettre encore davantage en lumière la place du livre et de la littérature dans cet espace méditerranéen qui nous est cher. Notre combat commun est celui des mots et de la langue, un combat qui cherche avant tout à montrer que la culture est souvent seule gardienne du passé et de l'avenir de notre Méditerranée.»
La littérature était au rendez-vous avec le grand écrivain israélien Amos Oz, Prix Méditerranée étranger. Non seulement il est l'auteur (entre autres) d'un très beau recueil de nouvelles, Scènes de vie villageoise, mais il est aussi un intellectuel engagé, militant pour une paix durable entre deux états voisins, la Palestine et Israël. Dominique Baudis, quant à lui recevait le Prix Méditerranée 2010 pour son roman Les amants de Gibraltar. Dominique Baudis, dans son roman historique, nous rappelle, avec son talent habituel, une épopée incroyable dont l'issue a durablement façonné l'avenir de la Méditerranée et il nous rappelle combien notre histoire commune est une clé essentielle pour comprendre cette Méditerranée où nous vivons aujourd'hui. Alain Vircondelet (prix Méditerranée essai), quant à lui, nous retrace le destin d'un grand homme de la Méditerranée, celui d'Albert Camus. Biographe à la notoriété incontestée, il parvient avec succès, non seulement à nous faire deviner les paradoxes et les contradictions d'une des plus grandes figures de la littérature du 20ème siècle mais aussi à nous transmettre l' amour unique d'Albert Camus pour son Algérie natale. Les autres lauréats, Skander Kali (prix des lycéens) et Jean-Paul Pelras (prix Roussillon) étaient eux aussi mis en lumière par cette 26ième édition très méditerranéenne.